Daniel, générateur d'idées originales

Dernière mise à jour : 13 juil.

Son implication de longue date dans la vie associative du quartier des Grottes est l'occasion d'organiser de nombreux évènements intergénérationnels, plebiscités par les riverains et les résidants.


Electron libre et courant alternatif


Adolescent, jeune apprenti cuisinier, dans les années 80, directeur du Café du Soleil, devenu exploitant du premier food-truck pâtissier du canton, c’est en 2016 que Daniel Sepe franchit le seuil de la résidence Fort-Barreau. Engagé comme adjoint de la responsable de site, il supervise une équipe de 6 personnes en charge du service en salle pour les résidents et aime par-dessus tout organiser des événements qui allient gastronomie et convivialité.


« Je suis content de les accueillir dans cette étape de leur vie, d’être quelqu’un dans leur parcours et en même temps, eux sont des personnes dans mon parcours personnel.»

L'éveil des sens


De la porte entrebâillée de son bureau, s’échappe une musique : du jazz. Indicateur assuré de sa présence sur les lieux, Daniel fait partie des personnes qui partagent leur enthousiasme, un moteur pour les nombreux projets qu’il mène de front.


Fort de son expérience de cuisinier, il met rapidement en place des activités visant à « éveiller les sens des résidants ». Outre les sorties au marché des Grottes, c’est la marchande de champignons qui est conviée à la résidence afin d’y faire goûter sa récolte. Les champignons sont aussitôt sautés à la poêle sous la main habile de Daniel. Les textures, les saveurs, la délicieuse odeur qui parfume la résidence, c’était donc ça l’éveil de sens ? Les papilles flattées laissent place aux paroles, les résidants évoquent leurs souvenirs, émus. Ces moments-là, Daniel les apprécie autant que les résidants : « Je suis content de les accueillir dans cette étape de leur vie, d’être quelqu’un dans leur parcours et en même temps, eux sont des personnes dans mon parcours personnel, j’aime bien ça, j’aime bien partager ça ».


Les palais les plus fins sont d’ailleurs mis à contribution chaque année, pour sélectionner les vins, à la carte : un rouge, un blanc et un rosé de 4 vignerons différents sont en lice. Dégustant à l’aveugle, les résidants choisissent les vins qui leur seront servis au cours de l’année. Le vin rouge de la Cave de Genève est plébiscité pour la troisième fois ces dernières années .


« L’EMS est un acteur du quartier, au même titre que la boucherie ou la boulangerie, c’est un endroit où les gens vont, projettent de venir, que l’on voit.»s, eux sont des personnes dans mon parcours personnel.»

Ancrer le quotidien des résidants dans la vie du quartier est un point essentiel pour Daniel. « L’EMS est un acteur du quartier, au même titre que la boucherie ou la boulangerie, c’est un endroit où les gens vont ou projettent de venir». À cet usage, Daniel Sepe participe également à l’organisation d’after-no-work pour les retraités : mais qu’est-ce que cet anglicisme vient faire là : qu’est-ce qu’un after-no-work ?


Organisé à l’occasion de la Journée Internationale des personnes âgées, tous les 1er octobre, - en collaboration avec d’autres institutions et associations du quartier - le public est invité à un apéritif qui a lieu dans les bistrots des alentours, aménagés en conséquence. C’est l’opportunité de se divertir en regardant des magiciens, des compteurs, des musiciens et des acrobates conviés pour l’occasion.


Nous aurions tort de croire que ces événements se limitent aux talents culinaires, car d’autres projets ont pris forme sous la supervision de Daniel Sepe : à l’image de cette exposition en collaboration avec un photographe local , Max Jacot. Les résidants qui le désiraient, ont pu se faire photographier à l’endroit de leur choix dans le quartier. Cela a permis à certains résidants de retourner dans un lieu chargé de souvenir, à l’instar d’une résidante, qui a souhaité se rendre dans l’église où elle s’est mariée.



Manifeste pour que « le quotidien décolle »


Il y a cet échange cocasse : « Bonjour Madame G. comment allez-vous aujourd’hui ? ─ Comme une vieille… non ! Une archi-vieille ! », se corrige cette centenaire. Ou encore ce monsieur, centenaire également, qui déclare : « Vous savez ce qui est bien quand on a 100 ans ? c’est la liberté de langage que ça donne, je peux dire n’importe quoi, personne ne me contredit ! ».


Ces moments-là, Daniel nous les rappelle comme de précieux souvenirs : « Il y a des moments où tout d’un coup le quotidien décolle, il prend une autre allure, il prend une dimension un petit peu différente et ce sont ces moments-là que j’essaye de chérir ».


Parfois mieux vaut parfaire sa rhétorique, tout comme lors de cette sortie avec Monsieur C, ancien jardinier de son état, avec lequel Daniel, déambulant dans un jardin partagé du quartier, y vantait les mérites de la permaculture et de la biodynamie. Réponse de monsieur : « Vous savez, de toute façon le bio… depuis qu’il y a tous ces produits chimiques, on a jamais vécu aussi vieux ! ». Les résidants sont surprenants, amusants, émouvants ; l’engagement de Daniel contribue grandement à mettre en lumière la personnalité de chacun. Même si la situation sanitaire a eu raison de certaines activités (comme ce partenariat avec la boucherie locale donnant droit à un cervelas gratuit pour tout détenteur d’une carte AVS !), nous faisons confiance à Daniel pour qu’il continue d’allumer la mèche des quotidiens qui décollent.